PATRIMOINE BÂTI

Madame la présidente du Conseil général, chères et chers collègues,

Historien de formation et passionné d’architecture, c’est avec plaisir que j’ai pris connaissance du Message sur la protection du patrimoine bâti, visant à classer certains bâtiments de qualité, représentatifs des années 1850 à 1975.

Au nom du Groupe PDC, je tiens tout d’abord à souligner la grande qualité du travail effectué par la Commission conduite par l’ancien architecte cantonal M. Attinger. Cet inventaire a permis de lister des objets uniques par leurs spécificités techniques ou leur place dans l’histoire de l’art. Notre commune, et en particulier la ville de Sion, compte de nombreux bâtiments de valeur patrimoniale, et cela est réjouissant.

Ce premier point permet également de préciser que nous votons ce soir sur une modification du Règlement des constructions et des zones, et non pas sur l’inventaire des objets, qui est de la seule compétence du Conseil municipal. En avalisant ce Règlement, il s’agit pour le Conseil général d’étendre le niveau de protection actuelle de la Vieille Ville à près de 200 bâtiments supplémentaires : nous espérons que la Municipalité saura faire ce choix en toute objectivité, en demandant l’avis des spécialistes du patrimoine bâti tout en tenant compte des intérêts économiques en jeu.

Autre point intéressant, le travail d’inventaire déjà effectué sur Sion, Salins et bientôt Les Agettes permet de répondre à la nouvelle Loi cantonale sur les constructions qui va désormais exiger ce travail de la part de chaque commune. Sion a donc anticipé, et c’est une bonne chose.

De plus, et grâce à l’implication du nouvel architecte de Ville, plusieurs dizaines de bâtiments ont été répertoriés comme des « cas particuliers », dignes d’intérêt mais pas forcément dignes de protection. Cette petite nuance permet de sauvegarder aujourd’hui un objet, d’éviter de laisser faire n’importe quoi, cela sans prétériter le développement harmonieux futur d’un quartier.

Bien sûr, tout n’est pas parfait : comme dans chaque règlement, il y a des côtés très contraignants pour les personnes directement concernées, sur les plans juridiques ou financiers. Le Groupe PDC est sensible à ces aspects qui réduisent une fois de plus la liberté du propriétaire sur sa parcelle. La protection d’une villa peut par exemple empêcher la construction d’un immeuble, ce qui conduit à un manque à gagner important. La question des surcoûts, que ce soit pour l’entretien ou la rénovation de ces biens, peut aussi créer des difficultés. Enfin, les réponses ne sont pas très claires quant à la question de savoir si les voisins d’un objet protégé seront impactés négativement.

Ces éléments négatifs n’empêchent pas la nécessité d’une meilleure protection du patrimoine bâti. Tout en restant attentif à la mise en œuvre de ce Règlement pour garantir une égalité de traitement et le traitement pragmatique des situations spécifiques, le Groupe PDC accepte la modification partielle du RCCZ.

Gilles Fellay

Conseiller général

RETOUR

Posted in Conseil Général.